Histoires de Mamans : Césarienne d'urgence en temps de COVID

Histoires de Mamans : Césarienne d'urgence en temps de COVID - Les Parentales

Le 12 mars 2020, la même journée que j’obtenais mon positif, la vie basculait plus qu’on aurait pu imaginer.

Je me suis réveillée ce matin là en ayant l’impression que j’étais enceinte, une intuition toute simple. Je passe un test de grossesse et il tombe positif presque instantanément. Quelques heures plus tard, ma plus grande joie se transformerait en une longue période d’inquiétudes et d’incertitudes puisque c’est cette même journée qu’on nous annoncerait l’arrivé de la Covid au Québec ainsi que le début de l’urgence sanitaire.

Une première grossesse bien différente pour les futurs parents

En plus des inquiétudes qui accompagnent une première grossesse, la vie entière semblait s’arrêter. La peur avait envahi le monde tout autour de nous et nous, nous étions dans une petite bulle de bonheur, mais également d’angoisse qu’en à ce qui allait se passer.

Ton papa n’a pas pu assister à aucune rencontre médicale pendant tout le long de la grossesse. Il n’a pas pu assister à la première échographie non plus. Nos cours prénataux ce sont passé en ligne, en directe de notre lit. Une grossesse un peu différente de ce qu’on aurait pu s’attendre.

Par la suite, lors d’un suivi de grossesse normal, on m’apprend que ma pression est haute. S’en suit une hospitalisation ainsi que plusieurs tests, encore une fois seule, puisque ton papa ne pouvait pas être avec moi à l’hôpital, la situation de covid l’obligeant à rester loin de nous.

La pression finie par se stabiliser et les suivis commencent à s’espacer pour redevenir un peu plus normaux, jusqu’au jour de ta naissance.

Un rendez-vous de suivi qui se termine en accouchement

Ce matin-là, j’allais à un suivi de monitoring, un suivi qui était hebdomadaire dans notre cas. Ton petit cœur a ralenti à plusieurs occasions, mais ce n’est pas la première fois que ça arrive, tu es si petit, la pression ayant fait que mon placenta est devenu calcifié bien avant son temps.

On m’annonce que c’est aujourd’hui que j’accoucherai, on veut me provoquer immédiatement. De mon côté, je veux seulement que papa soit là lui aussi, je ne veux pas commencer sans lui. On met permet exceptionnellement de sortir de l’hôpital pour aller chercher ton papa et de revenir par la suite.

Vers 13h00, on commence l’ocytocine. Je suis seulement ouverte à 1cm et aucun travail de commencé, mais on me dit que le temps presse, que ton petit cœur ne pourra pas résister bien longtemps. On augmente la dose et on perce mes eaux dans le but d’accélérer le travail et on me pose l’épidurale, les contractions étant très douloureuses. On installe une sonde sur ta tête pendant que tu es dans mon ventre pour mieux pouvoir faire les tracer de ton cœur.

C’est vers 19h50 qu’une grande équipe arrive en courant dans la salle d’accouchement, ton cœur flanche de plus en plus au fil des contractions. On décide donc que ce sera une césarienne d’urgence, on a 15 minutes pour te sortir de mon bedon.

À la course le personnel médical pousse ma civière vers la grande salle froide et lumineuse d’opération. Ton papa n’est pas avec nous, il doit se changer en habit et c’est donc seul qu’on commence à m’ouvrir le vente. Ton papa arrive quand ils te sortent de mon bedon, un tout petit bébé d’à peine 5 livres. On me dit que tu vas devoir aller en néonatalité et que je ne pourrai surement pas te voir. J’aperçois tout de même ton petit minois par-dessus le drap, tu es si beau, si parfait. On t’amène un peu plus loin dans la salle d’opération et par miracle, tu es en pleine forme, ton APGAR est parfait, 9-10-10, tu pleures, tu as une belle teinte et tu as du tonus.

J’ai donc pu t’avoir sur moi le temps qu’on finisse de me coudre le ventre. On nous amène dans la salle de réveil, toi, moi et ton papa ainsi qu’une gentille infirmière qui te tiens contre moi puisque mes bras n’ont pas de forces pour le moment.

Un bébé en santé avant tout

Tout c’est tellement passer rapidement, qu’on ne réalise même pas l’étendu de la chirurgie qui t’a mené à la vie.

Mon tout petit bébé, en santé, tout ce que nous désirions. Peu importe la façon dont tu es venu au monde, c’est la plus belle expérience d’une vie! L’amour inconditionnel que tu nous apporte à chaque jour depuis cette journée de ta naissance. Nos craintes se sont envolées aussitôt qu’on t’a vue, bientôt remplacés par les craintes habituelles de parents.

Tu auras eu une grossesse mouvementée, une naissance un peu moins naturelle et un début de vie isolé, mais rien de tout ça ne t’a empêché d’être aujourd’hui un petit garçon plein de joie, curieux, remplis d’amours et qui adore côtoyer des gens.

La césarienne : le début de ta vie

Pour nous, la césarienne n’aura pas été un échec, ça aura été le début d’une magnifique expérience, le début de ta vie. Nous revivrions ta naissance exactement de la même façon si c’était à refaire. Cette opération t’a sauvé la vie et nous a permis un début de vie doux en famille.

Chaque histoire de naissance est différente...

Maintenant à toi petite maman qui a peur d’avoir une césarienne, qui a eu une césarienne qui s’est moins bien passé ou encore qui n’a pas bien vécut sa césarienne, rappelle toi que l’important c’est que ton bébé soit né, peut importe comment. Chaque histoire de naissance est différente et la nôtre n’en fait pas exception.

J’aimerais te faire un câlin d’amour et te rappeler que toutes tes émotions sont valides et que malgré toutes les attentes qu’on peut se faire, tu as le droit d’être déçue.

Essaie d’être douce envers toi-même et rappel toi qu’un accouchement reste un accouchement et que chaque accouchement est spécial et unique.

accouchement par césarienne durant la covid. Série histoires de mamans.

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